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POLLUTION URBAINE

  • POLLUTION URBAINE

 

Depuis les années 50, les rejets dans les rivières se sont multipliés : Voici un échantillon des principales pollutions de l'eau entrainant la dégradation des milieux aquatiques.

 

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Pollution du Doubs Franco-Suisse

Emission Radio RTS (16 min à écouter)

 

Pollution aquatique de la Loue

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Pollution aquatique sur la riviére Bienne

© France 3

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Aspect quantitatif des débits réservés des rivières

NOTE SUR L'USAGE QUANTITATIF DE L'EAU DES RIVIERES NON DOMANIALES

 

L'utilisation de l'énergie hydraulique, depuis plus de huit siècles, a généralement été réalisée par la création.de réservoirs d'eau (lacs, étangs, retenues en amont des biefs) implantés sur toutes les rivières à faible pente et petit débit.

Ces systèmes et aménagements en créant un stockage des eaux et une dénivellation, permettaient pendant un "certain temps" d'obtenir une puissance supérieure à celle que délivrait la même rivière utilisée au fil de l'eau. C'est la pratique dite : "par éclusées".

Les milliers de moulins que l'on rencontre sur nos petites rivières sont l'exemple de ce qui vient d'être décrit. Leur puissance atteint pour les plus petits une valeur exceptionnellement inférieure à un cheval-vapeur et jusqu'à une dizaine de chevaux-vapeur pour.les plus importants.

Normalement, dans tous les départements les DDE ont pratiqué le recensement des ouvrages existants selon les circulaires ministérielles des.30 juillet I86I (modifiée le 4 juillet 1878) et du 14 mars 1946 n° 738

Pendant, les périodes de grandes eaux en automne, après les récoltes, les moulins tournaient de nombreuses heures par jour ; en contrepartie, pendant l'étiage les meuniers procédaient au curage des retenues et à l'entretien de leur machinerie.

Durant toute cette saison d'eaux basses, la rivière bénéficiait intégralement ou presque de son total débit d'étiage, parfois entrecoupé I. de quelques éclusées. Pendant la pénurie, il était de coutume que les meuniers travaillent chronologiquement de l'amont vers l'aval. Ceux d'en bas en bénéficiant des apports d'eau d'un lâcher amont... et ainsi de suite.

Aujourd'hui, les moulins abandonnés ont été acquis dans les buts de réaliser des résidences ou des salmonicultures.

Dans le premier cas, le propriétaire des lieux afin de créer un plan d'eau de loisir et d'entendre le bruit de sa chute, laisse ses vannes fermées en permanence. Son barrage est le plus fréquemment mal entretenu et fuit de partout. Ceci a pour conséquence que la lame d'eau de bonne épaisseur qui déferle normalement sur le sommet et la pente de l'ouvrage, est réduite, à une lame si mince que toute migration de poissons est interrompue en dehors des crues.

Dans le second cas, le barrage d'origine est conservé bien étanche. Rehaussé illégalement, il dirige vers la salmoniculture, en permanence pendant les étiages, une quantité d'eau telle que sa crête ne laisse plus passer d'eau.

La conséquence de ces pratiques se traduit par une interruption (sur parfois plusieurs centaines de mètres) de toute circulation du poisson pendant plusieurs mois.

Dans le cas des salmonicultures, le fait est aggravé.

Les poissons arrêtés dans leurs migrations stagnent au droit du rejet de la salmoniculture, dans des eaux gravement polluées et contaminées bactériologiquement.

Le législateur a tenté à maintes reprises d'amender les projets des utilisateurs d'eau ou freiner leur gourmandise. Le peu de procès verbaux dressés pour infraction et la faiblesse des amendes ou sanctions encourues jusqu'à récemment, ont permis à des milliers d'usagers d'utiliser abusivement la ressource eau au détriment des tiers et de la Nature. Le relèvement des sanctions pour infraction au 106 du Code Rural et l'article L.232.5 (410 ancien du Code Rural) viennent à propos pour rééquilibrer une situation gravement délabrée.

Si l'application du 106 du Code Rural ne pose aucun problème, il n'en est pas de même du L.232.5 qui vise non seulement à préserver l'avenir mais à corriger les abus et les pratiques délictueuses.

 

En ce qui concerne les nouvelles installations régies par la nouvelle réglementation il n'y aurait aucun problème si l'administration négligente ne tentait pas de régulariser les situations qu'elle a engendrées en laissant faire (cas des plans d'eau de loisirs en particulier).

Il n'en est pas de même de ceux (en général des salmoniculteurs ou utilisateurs de la force motrice des eaux) qui depuis une ou deux décennies, parfois plus, ont usé abusivement d'un droit qu'ils ont détourné en utilisant toutes les astuces possibles :

  • Surcreusement du canal d'amenée des eaux.
  • Rehaussement temporaire ou permanent de la crête des barrages.
  • Pose d'obstacles ou d'embâcles dans les passes à poissons.
  • Accélérateurs électriques rotatifs placés dans les arrivées d'eau.
  • Suppression des grilles amont qui freinent l'entrée de l'eau.
  • Surélévation globale des ouvrages qui permet une augmentation conséquente de l'eau stockée en amont.
  • Pose de canalisations enterrées, non visibles de prises d'eau.
  • Agrandissement des prises d'eau.
  • Refus de placer des échelles limnimétriques ou des limnigraphes, de contrôle des débites dérivés et réservés.

 

Tous ces cas, nous les avons rencontrés, ils montrent qu'un nombre non négligeable d'utilisateurs de l'eau ne pensent qu'à réaliser un profit maximal sans se préoccuper du devenir des cours d'eau au droit ou en aval de leur exploitation.

Il faut savoir que ces astuces ont permis à des producteurs autonomes d'électricité de multiplier leurs bénéfices en doublant et même en triplant leurs ventes de courant. Les salmoniculteurs ont fait mieux. Un de leur leader a multiplié par plus de 10 sa capacité de production autorisée, ceci en détournant à son profit toute l’eau de la rivière. Rappelons que cette production exagérée a perduré pendant plus d'une décennie sans que l'administration n'intervienne et malgré les plaintes répétées des autres usagers.

Il suffit de comptabiliser les PV dressés au titre de la police des eaux pour s'en convaincre.

Aujourd'hui, vouloir imposer le respect de la réglementation et exiger le 1/10ème du module pour le débit réservé, cela ne se fera pas sans que l'on entende les délinquants pousser de hauts cris et demander des dérogations à la Loi.

 

Le 1/10 du module interannuel par rapport à :

  • MJ - Module interannuel du mois de janvier
  • MA - Module interannuel du mois d'août
  • ME - 1/10 du module interannuel

Pour 11 rivières du massif armoricain nous avons calculé :   MJ    MJ    MA   ME

                                                                                                              MA   ME   ME   MA

On remarque sur le tableau n°1 que :

‑ le rapport         MJ varie de 3,15 à 35

                             MA

Ceci montre la variation importante du coefficient K que nous appelons coefficient d'irrégularité des débits. Remarquons que trois rivières possèdent un Y. voisin de 10 (Trieux,  Léguer, Scorff)

‑ le module interannuel n'a apparemment aucun rapport avec K

‑ le rapport         MJ varie de 15,58 à 24,25

                             ME

Il est plus important pour les rivières à grand K

‑ le rapport  MA présente une variation inverse du rapport     MJ

                       ME                                                                              ME

La valeur de ce rapport tombe en dessous de 1 pour un K élevé
et atteint 4,625 pour un K faible.

‑ le rapport  ME montre que le 1/10 du modèle interannuel est supérieur à MA

                       MA

pour deux rivières. Mais il est avantageux pour les cours d’eau à faible K où il n'atteint que 22% de MA.

 

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